ALSTOM :
Pour la fédération de la métallurgie CFDT,
la première des hypothèses à examiner,
c’est le maintien de l’indépendance du groupe
La situation économique du groupe est-elle à ce point détériorée, et si oui irrémédiablement, qu’il faille absolument envisager sa découpe et la reprise de sa partie énergie ? Ou bien sont-ce les fortes exigences de rentabilité et les appétits de gains financiers de son actionnaire principal, le groupe Bouygues, qui sont à l’origine de la brutale annonce du projet de reprise par GE et, en réaction, de la proposition in extremis de Siemens ? C’est la première question qu’il convient de se poser.
Pour la fédération de la métallurgie CFDT, si l’idée d’une recomposition industrielle dans le domaine de la construction électrique pour la production d’énergie d’une part, de la construction ferroviaire d’autre part, n’est pas à exclure par principe, ce sont d’abord les conditions de la pérennité du groupe Alstom, indépendant et intégré, qu’il convient d’examiner comme hypothèse prioritaire. C’est pourquoi la CFDT métallurgie demande un audit approfondi en ce sens avant que ne soient explorées d’autres solutions.
En effet, si Alstom connaît effectivement des difficultés de financement, il reste un des rares groupes français (avec Airbus) à disposer d’un carnet de commandes garni pour plusieurs années d’activité, avec un taux de marge opérationnelle relativement correcte (environ 7 %). Par ailleurs, le plan annoncé par Patrick Kron est à l’œuvre : réorganiser juridiquement le groupe en quatre holdings pour permettre une introduction en Bourse de l’activité Transport ou l’entrée au capital d’un industriel ou d’investisseurs dans l’un ou l’autre des quatre secteurs d’activité.
Si une recomposition d’Alstom et de ces activités devait finalement être envisagée, pour la CFDT métallurgie ce ne pourrait être que sur la base d’un projet industriel crédible qui s’inscrive dans le développement des activités et la préservation de l’emploi et des compétences du groupe, de ses capacités de recherche/innovation. En tout état de cause, toute évolution doit laisser du temps à son examen et à sa discussion, notamment avec les représentants des salariés.